• Ma petite graine... du caviar

    Travelling avant, montant vers elle, et gros plan zoomé. Elle était là, presque offerte, accroupie un bon mètre au-dessus de moi et je reluquais pour l'ultime coup ce que cent fois, mille fois, j'avais baisé avidement de mes lèvres insatiables. Ce tabernacle fendu d'où j'avais fait se générer un nouveau monde original et une spiritualité grâce à Dieu palpable, ce bénitier tirelire, tire-là, auquel j'avais religieusement consacré mes doigts impurs avant de m'y signer à foison pour qu'elle m'envoie doucettement de ciel en ciel jusqu'au septième... Et que je glorifie ses seins... J'allais la perdre pour toujours à l'instant où elle me gratifia de cette larme miraculeuse. Unique. Une perle de cristal tiède, légèrement huilée, suave et salée comme sa peau cacahuète. Pas réellement noire de rimmel mais plutôt bleu foncé. Plus lourde que du plomb... Comme un coup de grâce charitable donné pour abréger mes souffrances, cette goutte dense d'amour traversa au ralenti la terre encore meuble de ma tombe, le couvercle de mon sarcophage résineux et vint se ficher non pas dans ma tempe mais dans ma bouche déjà sèche où sa course s'acheva. Chaud berlingot bleuté aux reflets d'argent et au léger goût de salpêtre.
              On était probablement jeudi et je me dis que ma princesse vénale me prolongeait de cette manière originale ma dose de vie intime, ma dose de viagra bleu. Pour une dernière scène d'amour. Hymne à la vie. Ne savait-elle pas que j'avais déjà pris la pilule fatale et que j'en étais mort ? Filtre fatidique. Overdose d'amour ! A mon trouble se raffermissant, je compris subitement que je ne revoyais pas la scène, comme je l'avais cru, mais que je me la retapais. Sa larme bleue m'avait ravivé... Au sens premier. Tant mieux !

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